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Atzo Atzokoa

Autor(es) :     Daguerre, Jean
Título (s) :    La sanglante Bataille de Saint-Pierre D'Irube (12 et 13 décembre 1813)
Editor :        Imprimerie A. Lamaignère, Bayonne
Año de publicación :    1894
Descripción :   16 p. ; 23 cm
Nota de autor (es) :    J. Daguerre
Materia :       Francia - Historia - 1813
Euskadi Norte - Historia - 1813
Clasificación : 944"1813"
944.79"1813"
Copia : 189850 F. RESERVA : C-156 F-3

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J. DAGUERRE

LA
SANGLANTE BATAILLE
DE SAINT-PIERRE D’IRUBE

(12 ET 13 DÉCEMBRE 1813)

BAYONNE
IMPRIMERIE a. LAMAIGNÈRE, RUE JACQUES LAFFITTE, 9
1894

LA SANGLANTE BATAILLE
DE SAINT-PIERRE D’IRUBE

 

J. DAGUERRE

LA SANGLANTE BATAILLE
DE SAINT-PIERRE D’IRUBE

(12 ET 13 DÉCEMBRE 1813)

BAYONNE
IMPRIMERIE A. LAMAIGNÈRE, RUE JACQUES LAFFITTE, 9
1894

 

LA
SANGLANTE BATAILLE DE SAINT-PIERRE D’IRUBE

Ibam forte vid sacrâ, sicut meus est mos,
Nescio quid meditans nugarum, totus in illis.

(HORACE, Liv. I, sat. IX).

 

C’était en décembre dernier. Profitant d’une de ces belles et rares journées où nous nous sommes souvenus, cet hiver, qu’il y avait encore un soleil, je dirigeai ma promenade vers les hauteurs de Mouguerre. L’astre pâli, mais cependant splendide encore, se couchait à l’horizon, remplissant de pourpre et d’or la profondeur des bois. Le dernier rayon descendait de cime en cime la pente boisée des collines de Saint-Pierre d’Irube ; un calme profond régnait dans l’atmosphère ; la brise, cette vie de la fleur, était tombée, et, sur la grande route de Bayonne à Briscous, les arbres chauves montraient leurs bras décharnés..... Et j’écoutais rêveusement l’Angelus qui tintait aux clochers du voisinage. C¡était un moment fugitif, plein d’une poésie douce et mélancolique, pendant lequel l’âme attendrie songe à ceux que l’on aime, qui sont loin de nous, voguant sur les mers ou partis dans la mort ¡

Partis dans la mort! Oui, je songeais alors au passé et aux terribles événements dont ces lieux, aujourd’hui calmes et tranquilles, avaient été, il y a 80 ans, les témoins muets! Je me reportais par la pensée à ces journées sanglantes des 12 et 13 décembre 1813, et j’évoquais les âmes de ces braves tombés suos le fer de l’ennemi après avoir teint de leur sang ces prairies et ces bois alors foulés par une multitude armée, et maintenant solitaires et oubliés!..... La Nive, alors, s’étonna de tant de bruit sur ses bords, de tant de cadavres dans ses flots, et le canon venait d’interrompre le grand silence de cette belle nature... Et j’ai voulu refaire le récit de cette meurtrière bataille, où l’héroïsme des Français alla jusqu’à inspirer de l’admiration à leurs adversaires. Car quel est le voyaguer, quel est le touriste en excursion à Mouguerre et sur les hauteurs de Saint-Pierre, qui pense aujourd’hui à ces terribles journées? Nous pouvons même aller plus loin et, sans porter de jugement téméraire, assurer que parmi les voyageurs français venant jouir de la beauté du panorama, bien peu connaissent l’histoire de Bayonne en 1813. J’en excepte mes compatriotes, bien entendu, qui tous ont encore présents à l’esprit ou á la mémoire le récit des graves événements où leurs péres ont pris une si larg part. Et quorum pars magna!.....

N’oublions pas qu’un écrivain célèbre a dit que rien n’égale l’intelligence du Français, si ce n’est son ignorance. Il discerne vite, il saisit promptement,mais il ne sait pas. Comme je ne suis pas l’auteur de la phrase, je ne crains pas d’être accusé de calomnie (tout au plus serait-ce une médisance!) et je me permets de revivre, avec le lecteur qui voudra me suivre, les épisodes sanglants de la bataille de Saint-Pierre d’Irube.

 

Il ne faut pas oublier que la haine de l’Anglaterre a toujours été une des grandes passiones de la France, monarchique ou républicaine. La main de cette puissance est, en effet, toujours apparue au fond de toutes les entreprises dirigées contre nous, et le géant britannique, enfermé dans son île, avec l’Océan pour citadelle, s’était toujours malheureusement dérobé à nos coups.

Cette observation faite, nous devons remonter un peu en arrière pour rappeler à nos lecteurs les positions respectives des partis belligérants.

Après une série de désastres, les Français venaient encore de perdre la bataille de Vitoria, qui décida du sort de la péninsule.

L’armée française se retira, le 25 juin, des environs de Pampelune vers la France, par la route de Roncevaux. Le lendemain, Wellington fit investir la citadelle de cette ville. Le général anglais Graham venait, aprés deux actions très-vives, de s’emparer de Tolosa ; il continua à pousser les Français sur la route de France, les délogeant successivemente de poste en poste.

Les conséquences de la défaite de Vitoria devaient s’étendre bien au delà des avantages que les alliés en avaient obtenus. Il était évident qu’on ne s’arrèterait pas à celui de l’affranchissement du territoire espagnol, et que les Anglais ne manqueraient pas de rendre leurs succès plus utiles encore à la cause des puissances coalisées, en portant la guerre en France.

C’est ce qui arriva.

Dès qu l’Empereur avait appris le résultat déplorable de la bataille de Vitoria, il envoya le maréchal Soult prendre le commandement en chef de l’armée des Pyrénées. Il arriva à Bayonne le 13 juillet 1813.

L’armée du maréchal Soult fut organisée en douze divisions, dont neuf d’infanterie et trois de cavalerie. Son artillerie, malgré las pertes du matériel faites à Vitoria, était belle et nombreuse : la force totale de l’armée était environ de 48,000 combattants.

L’armée alliée, forte de 70,000 hommes, tenait la tête des défilés sur les versants du côté de l’Espagne. Les divisions étaient à même hauteur, autant que le permetait la nature du pays, et communiquaient de l’une à l’autre. Après une série de combats tantôt heureux et tantôt funestes au sort de nos armées (récits qui n’entraient pas dans le cadre que nous nous sommes imposés), les deux lignes restent en repos le 12 décembre. Seulement, les avant-postes sont tellement rapprochés les uns des autres qu’une cannonade s’engage de part et d’autre pendant que le gros de l’armée française reste massé et immobile sur les plateaux de Bassussarry et Barouillet ; elle aboutit à une perte de 400 hommes de chaque côté. Quelques mouvements néanmoins sur la droite de l’armée alliée, vers le château d’Urdanch, sont aprecus par le général d’Erlon, qui les signale au maréchal.

Soult, voyant l’attention de l’ennemi fixée sur la rive gauche de la Nive, laisse trois divisions eta la réserve du général Villotte dans le camp retranché, et marche dans la nuit du 12 au 13 , avec 6 autres divisions, sur Mousserolles pour attaquer le général Hill qui, depuis le 10, avait pris position sur les hauteurs en avant de la division anglaise Pringle, occupe une chaîne de collines escarpées et boisées, couronnées par le château de Villefranque, au dessus du village du même nom. Elle protége le pont établi sur la Nive, à une demi-lieue en arrière. Sur sa droite y sur son front, elle est défendue par des étangs, au fond d’une vallée marécageuse.

Le centre, placé des deux côtés de la grande route, contre le haut Saint-Pierre, sur les hauteurs de Losterema, en forme de demi-cercle, couvertes de rochers et de bruyères à gauche, et fermées à droite par des haies et des taillis épais, se compose de la brigade portugaise d’Aworth et de la brigade anglaise de Barnes, aux ordres du général Steward, avec 12 pièces de canon qui commandent la route en avant. Les Portugais, établis inmmédiatement devant St-Pierre, ont leurs tiraileurs dans un petit bois qui couvre leur droite ; en arrière, à un quart de lieue, la division portugaise Lecor, avec deux pièces, compose la réserve.

La division Bling (4 régiments anglais) forme la droite de la ligne. Un de ces régiments est en position sur la montagne de Parthoubiria, dont le sommet es couronné par le village du Vieux-Mouguerre : on ne peut y arriver qu’en traversant la partie voisine de l’Adour de la vallée étroite et marécageuse qui sépare la hauteur de Mouguerre de celle de St-Pierre d’Irube. Dans la partie plus rapprochée de la grande route, Bing défend, avec le reste de sa division, une hauteur escarpée au pied de laquelle est un moulin situé sur l’étang qui remplit le fond de la vallée. Sur une haute montagne un peu en arrière le général Hill s’est établi de manière à juger de l’ensemble de la bataille et à diriger les mouvements.

L’armée française a manoeuvré dans la nuit avec le plus grand mystère. Traversant la Nive en silence, elle est venue bivouaquer dans le bas St-Pierre, et tout porte à croire que la pénétration de Wellington sera mise en défaut. Après avoir envoyé à son frère, qui commande la cavalerie légère, l’ordre d’avancer de Mendionde jusqu’à hauteur de Cambo, afin de couper la retraite aux alliés sur la route de St-Jean Pied-de-Port et sur la communication avec la Nive, Soult, plein d’espoir cette fois dans le succès de la journée, vient prendre positin sur un plateau, au bas St-Pierre, pour diriger les opérations.

Au point du jour, l’ordre de bataille est formé, D’Erlon est en première ligne avec les divisions Abbé, Foy, Darmagnac et Darricau, la cavalerie de Sparre et 22 pièces de canon. Le front d’attaque étant très resserrè, il faut marcher sur la grande route jusqu’au pint où s’embranchent deux chemins étroits et difficiles qui conduisent, par les vallées marécageuses, d’une part à l’extrême droite des alliés sur les hauteurs où se trouve Bing, de l’autre à la position de gauche du général Pringle. C’est pour cette raison que les deux autres divisions sont restées en réserve.

A huit heures du matin, le soleil ayant enfin percé une brume fort épaisse, l’armée française s’ébranle sur la grande route, marche sur le haut St-Pierre et repousse les grands-gardes anglaises du centre. Arrivée au point de jonction de la grande route et des chemins latéraux, chaque collone suit sa nouvelle direction à gauche, au centre et à droite.

Darricau se dirige sur la rive droite de la Nive, pour prendre à sa naissance le contre-fort de la gauche de Pringle ; Foy, avec sa division et la première brigade de Darmagnac, marche pour forcer la droite de Bing, prenant le Vieux-Mouguerre comme point de direction. Abbé, soutenu par la deuxième brigade Darmagnac, s’avance de front, par la route, vers l’ennemi en bataille au haut St-Pierre ; le général Tirlet met en batterie 16 piéces de canon pour appuyer l’ataque d’Abbé. Six autres pièces soutiennent le mouvement du général Foy.

En un instant, les tirailleurs se répandent sur tous les points des deux vallées et sur les flancs des hauteurs ; une fusillade très vive éclate, mêlée au bruit de 40 pièces de canon qui retentissent jusqu’aux deux rives de l’Adour et de la Nive : l’ennemi est abordé sur tous les points avec une assurance et une vigueur extrêmes.

Abbé, avec son intrepidité ordinaire, s’empare rapidement du terrain situé à la gauche des Portugais d’Asworth, ainsi que du petit bois qui couvre leur droite ; Steward envoie à leur secours une brigade anglaise avec deux canons, et reprend le bois. Mais en ce moment le général anglais est écrasé sur son centre par le feu de toute l’artillerie que Soult a fait placer sur la hauteur qu’il occupe. Sans perdre de temps, Abbé précipite en avant sa colonne d’attaque, qui parvient au sommet de la position malgré un feu terrible, et culbute les Portugais d’Asworth et les Anglais venus pour l’appuyer. Le général Barnes, qui se trouve encore derrière St-Pierre avec sa brigade, exécute aussitôt une contre-attaque vigoureuse et repousse la division française. Se mettant alors à la tête de sa colonne de réserve et protégé par le feu des pièces qui redouble de la hauteur, et d’une batterie légère qui se porte au galop dans la vallée et tire à bout portant, le général Abbé charge sur la grande route sans s’inquiéter du canon qui éclaircit ses rangs, avec une telle vigueur qu’il renverse tout devant lui, regagne la position du haut St-Pierre, et arrive jusqu’à une haie profonde qui couvre la droite des Portugais. Les cannoniers sont tués sur leurs pièces : la ligne ennemie rompue est jonchée de ses morts et de ses blessés.

Sur la gauche, le général Foy et la première brigade Darmagnac, suivis d’une batterie à cheval, ont marché vers la colline de Parthouhiria pour tourner, par le Vieux-Mouguerre, la droite des alliés, et ont enlevé la position au moment ou Abbé est parvenu à atteindre le haut St-Pierre.

Sur la droite, le général Darricau, ayant un plus long circuit à faire par la Nive et recontrant un terrian difficile, n’avait pu faire coïncider son attaque avec les deux autres. Mais il était aux prises avec les Anglais de Pringle et soutenait vaillamment le combat.

 

En ce moment, Soult, de quelque côté qu’il portât ses regards sur la ligne de bataille, était en droit de croire que son espoir allait être réalisé. Mais le sort des batailles tient souvent à peu de chose, et l’événement ne tarda pas à le prouver une fois de plus. Par suite d’une négligence impardonnable, on avait laissé éteindre les feux en face d’Arcangues et on les avait rallumés à Mousserolles. Wellington n’avait pas eu de peine à deviner l’intention de son adversaire, et, faisant réparer el pont situé au-dessus de Villefranque, il avait dès le point du jour dirigé trois divisions sur la rive droite et était parti lui même de Barouillet aux premiers coups de canon.

En arrivant sur le champ de bataille, le général anglais crut d’abord la parti désespérée : Asworth, Barnes et Steward étaient blessés, ses lignes brisées et les Français maîtres des positions. On a dit que, ne comptant plus sur le succès, il allait donner le signal de la retraite, lorsque tout à coup la première de ses divisions de renfort parut en ordre de bataille sur la montagne en arrière occupée par Hill. Elle fut bientôt suivie de deux autres qui se portent immédiatement en ligne pour remplacer celles qui ont été écrasées au début de la journée. Il était alors midi.

Sur le haut St-Pierre, Abbé attendait du secours et se maintenait avec peine contre les troupes fraîches de l’ennemi. Sa position, avantageuse il y a quelques instants, devient bientôt critique, car les renforts n’arrivent pas. Il ne cesse d’animer ses soldats par son exemple et son sang froid impeturbable ; se deux aides de camp son tués près de lui ; le général Maucomble, qui commande une des brigades, est mis hors de combat. Il se voit alors obligé de céder. Quoique réduit à ses propres forces, il retourne deux fois encore à l’attaque du haut St-Pierre, mais l’ennemi ne cesse de recevoir des troupes fraîches de renfort, et sa position devient inexpugnable. Jugeant alors (et trop tard) qu’il doit faire soutenri la division Abbé, le général d’Erlon donne à la brigade Guardet l’ordre de marcher en avant. A cet instant, le grand nombre de blessés qui se détachent de la première ligne d’Abbé pour traverser la deuxième, entrave les manoeuvres du général Guardet qui, malgré ses efforts et ceux du général d’Erlon, ne peut se former en bataille ni rétablir l’ordre. Abbé, au lieu d’être secouru par cette brigade, la voyant elle-même dans un désordre dont la cause est restée inconnue, n’est plus en état de hasarder une quatrième attaque sur le haut St-Pierre. Il range sa division en bataille à la naissance de la position occupée par les alliés, et attend de nouveaux ordres.

Le général Darricau, après un engagement dont le succès est balancé, se vit lui-même sur le point d’être tourné par la Nive ; il se décide á suivre le mouvement rétrograde d’Abbé, et revient prendre sa position du matin après avoir eu le général Mocquery au nombre de ses blessés. Sur la montagne de Partouhiria et au Vieux-Mouguerre, Foy et Darmagnac sont obligés de se replier devant les forces supérieures amenées par l’ennemi, et viennent également reprendre leurs premières positiones sur le plateau du bas St-Pierre.

Vers deux heures, Wellington ordonne un mouvement en avant sur toute la ligne ; mais Soult a envoyé au camp de Marrac l’ordre à la division Maransin de se porter en toute hâte par le pont de Mousserolles sur les points où le combat est le plus vivement engagé. Ce général place une batterie légère en avant de son centre et repousse tous les efforts d’une colonne puissante qui, descendant le Vieux-Mouguerre, cherche à se prolonger jusqu’à l’Adour pour tourner notre gauche, tandis que les troupes de Foy et Darmagnac, etranchées dans les maisons du bas St-Pierre, ou protégées par les plis du terrain, empêchent les alliés d’avancer, et le tiennent en échec jusqu’à la nuit, qui mit fin à cette sanglante bataille. Durant les dernières heures de la journée, on apercevait des masses de blessés ennemis s’éloigner du lieu du combat, et suivre lentement la rampe qui conduisait à leur ambulance, établie dans le haut St Pierre.

Harassées de fatigue, les divisions françaises bivouaquent la nuit suivante dans leurs positions du matin : elles reprennent les armes un instant au point du jour en voyant une reconnaissance ennemie se porter le long de la Nive jusqu’au château du Belvédère. Mais quelques coups de canon, tirés par une pièce mise en batterie en avant du poste établi dans cette habitation, font tout rentrer dans l’ordre.

La journée entière du 14 est employée par l’ennemi à donner la sépulture aux morts qui couvrent la rampe du haut St-Pierre et les champs environnants.

Ce fut un lugubre défilé, que celui de ces malheureux blessés français, recueillis sur des bateaux au bas St Pierrr, descendant la Nive et rentrant à Bayonne, où ils furent l’objet des soins les plus empressés et les plus dévoués de la part des Bayonais qui, du haut de leurs toits et de leurs clochers, avaient suivi, avec une anxiété facile à comprendre, toutes les péripéties émouvantes de ce terrible combat!

La bataille de St-Pierre, que l’on s’accorde justement à dire une des plus meurtrières de toute cette guerre, coûta aux Français plus de 4,000 tués ou blessés, plus deux généraux, Maucomble et Mocquery. L’ennemi eut au moins 6,000 hommes hors de combat, ainsi que quatre généraux : Answorth, Barnes, Lecor et Hope (celui-ci à Barouillet). En réunissant les pertes des différents combats livrés sur la Nive du 9 au 13 inclus, les alliés avaient éprouve une perte générale de 16,000 hommes, et les Français d’environ 10,000 hommes.

Désormais, l’armée française va s’éloigner, laissant Bayonne à ses propres forces, marquant chacun de ses pas par un combat meurtrier et mettant le comble à sa gloire, avant de déposer les armes, par la sanglante et indécise bataille de Toulouse!......

Si la série des opérations militaires dont nous venons de tracer le rapide récit, depuis la nomination et l’arrivée du maréchal Soult aux armées d’Espagne jusqu’aux combats meurtriers de la Nive, n’a pas eu pour résultat un succès complet et n’a pu empêcher malheureusement l’invasion de la France, toujours est-il qu’ell n’a pas été sans gloire, et que les sommets des Pyrénées aussi bien que les rives de la Nive ont été les témoins de faits d’armes éclatants de la valeur française, bien dignes assurément de figurer à côté de leurs aînés d’Austerlitz, d’Iéna et de Wagram.

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Et maintenant qu’on nous permette une réflexion : cette malheureuse guerre d’Espagne aurait-ell en le résultat que nous déplorons si l’Empereur en personne avait dirigé les opérations? Dieu seul le sait. Mais ses admirateurs affirment que la France n’eût pas été envahie par les armées alliées.

Toujours est-il que, après avoir fait le tour de l’Europe en vainqueur et avoir ébloui le peuple par ses succès prodigieux, il l’empêcha de penser à ses droits méconnus. La gloire le soutint ainsi quelques années sur le trône, mais la Providence avait marqué son heure et il ne put la dépasser. N’ayant vécu que de gloire et de batailles, il mourut d’une défaite. L’Europe qu’il avait tant de fois vaincue et humiliée, l’Europe le poursuivit cette fois jusqu’en France et, à son tour, elle fut son vainqueur. Et celui qui se plaisait à dire : “J’ai 300,000 hommes de revenu”, ne croyait qu’à la force, et la force l’accabla : triste retour d’une ambition insensée!

J. DAGUERRE

Juillet 1894

 

Imp. Et Litho. A. Lamaignère.- Bayonne – Biarritz.

 

 

 

 


 


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